HOSPITALITE / PAS PIEDS, Nadège Prugnard

Du 10 au 14 octobre, toute la journée / place Delille

Installation, en continu

« Qui suis-je encore quand mon visage, mon nom, la fleur de ma jeunesse, ma langue, ma voix, ma mémoire sont restés là-bas ? » Fadwa Souleimane
En 2015, Nadège Prugnard et Julie Romeuf ont récolté des messages et chaussures des exilé.e.s demeurant dans le bidonville surnommé « Jungle » à Calais. Une installation politique et poétique en réaction au déni d’humanité qui persiste en Europe. Un édifice « d’âmes multiples » qui questionne les moteurs de la violence d'aujourd'hui et l'état de notre démocratie.
"Le décor a un peu changé dans les rues […] En sortant de chez eux, ces derniers jours, les habitants n’ont pas tardé à découvrir des mètres de chaussures, disposées au sol en file indienne. Un seul pied de chaque paire pour symboliser la perte, ou le manque.
Chaque chaussure est lestée avec du sable, dans lequel est planté un petit bâton brandissant un message : « Au secours » ; « J’ai faim » ; « « Avant j’étais gardien de chèvres au Kurdistan ». Plus loin : « Je voudrais être un oiseau ». Ou encore, en anglais, « Europe plays with my life » (l’Europe joue avec ma vie). On croirait entendre les voix chuchoter" Clarisse Fabre, Le Monde, Octobre 2017
« Alors quand Nadège Prugnard […] a déployé dans la ville une installation matérialisant la situation des migrants, cela n’est pas passé inaperçu […] une longue file de chaussures, chacune lestée de sable. Un petit drapeau blanc est planté dans chaque godillot passablement usagé, sur lequel on peut lire des choses comme « Je suis Ayman », « je m’appelle Jérusalem et toute ma famille est morte sur la route d’Atbara qui mène à Khartoum », « Avant j’étais gardien de chèvres dans le Kurdistan », « Où aller ? », « Mis à part les sanglots rien ne contracte ma gorge », « No border ». » Jean-Pierre Thibaudat, Médiapart, Octobre 2017
"Il faut parfois des artistes pour réhabiliter la ville, dire l’absence et rendre la présence à nouveau possible. Pas grand’ chose, de courts messages écrits par des exilé-e-s, quelques vieilles chaussures, déposés au fil de la ville." Philippe Wanesson

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